Devenir Kiné à La Réunion : 2 interviews uniques
Dans cet article, nous t’emmenons découvrir le quotidien de 2 kinés à La Réunion et pourquoi ce coin de paradis pourrait bien devenir ton nouvel horizon professionnel.

Si tu as déjà rêvé d'exercer ta passion dans un cadre de vie idyllique, l'île de La Réunion pourrait bien être ta destination idéale. Imagine-toi en tant que kinésithérapeute, évoluant entre mer et montagne, sous un climat tropical tout en profitant de la richesse culturelle de l'île. Travailler ici, c'est découvrir une pratique aux multiples facettes, avec des défis uniques mais aussi des opportunités incroyables.
Interview 1
Qu'est-ce qui t’a initialement inspiré à devenir kinésithérapeute ?
Ce qui m’a initialement inspiré à devenir kiné, c’est l’envie de faire un métier manuel qui soit en rapport avec le sport et l’activité physique. Depuis toujours, j’ai été passionné par le mouvement, la performance physique et le bien-être. La kinésithérapie m’a semblé être une profession idéale pour allier cette passion avec un travail concret et tangible.
As-tu travaillé / remplacé dans d’autres régions avant de venir à La Réunion ?
Oui, j’ai travaillé 2 mois en Alsace, puis 1 an en Martinique.
Qu’est-ce qui t’a attiré / motivé à travailler sur l’île de La Réunion ?
Ce n’est pas le travail mais plutôt la qualité de vie qu’il y a à la Réunion : le climat, la proximité de la mer et de la montagne, l’engouement pour le trail, etc.
Quelles sont les particularités de la pratique de la kinésithérapie ici ?
Il y a toutes sortes de cabinets, avec toutes sortes de prises en charge. Souvent l’exercice est mixte entre domicile et cabinet et la répartition est proche des 50/50. Les rétrocessions sont très élevées, 30% la plupart du temps, car il y a beaucoup de demandes de kinés qui veulent s’installer un petit moment sur l'île. Je trouve qu’il y a beaucoup de chronicisation des patients dans les cabinets car trop d'offres et pas assez de travail, c’est aussi dû aux patients qui sont en demande de massage.
Trouves-tu que la patientèle est spécifique, différente de ce que tu as déjà rencontré ?
Ce sont les mêmes pathologies qu’en métropole, beaucoup de lombalgies. On retrouve aussi beaucoup de rééducation post-AVC. Une spécificité d’ici, c’est qu’il y a beaucoup de maladies de Charcot-Marie Tooth. Sur les spécificités des patients : beaucoup sont en demande de massage, gros problème de surpoids à la réunion, mauvaise conscience de son corps.
Y a-t-il des pratiques ou des approches uniques / méthodes / techniques que tu as développées en tant que kiné à La Réunion pour répondre aux besoins spécifiques de la population locale ?
Je pense m'être formée de la même manière que je l’aurais fait en métropole.
Comment collabores-tu avec d'autres professionnels de la santé sur l'île pour assurer un parcours de soins de qualité à tes patients ?
Je suis surtout en contact avec des kinés qui ont d’autres spécialités, chez qui je peux envoyer mes patients en cas de nécessité. Parfois j’envoie des bilans à des spécialistes s’ils me le demandent mais c’est très rare.
Quels sont les principaux défis auxquels tu es confronté en tant que kinésithérapeute ici (accessibilité, ressources, culture…) ? Quelles sont les principales difficultés rencontrées dans ton travail sur l'île ?
La principale difficulté sur l'île est déjà de trouver un travail qui nous correspond. Il y a beaucoup de kinés et pas beaucoup de place. Pas beaucoup de patients non plus dans certains cabinets, ce qui fait que ce n’est pas forcément avantageux financièrement.
Et les avantages ?
Les avantages sont au niveau des plannings qui sont souvent très légers et qui laissent le temps d’avoir une vie personnelle a côté très remplie.
Il y a aussi l’avantage financier, car les honoraires sont plus élevés dans les départements d’outre mer.
Quels conseils donnerais-tu à un kiné qui débarque à la Réunion pour travailler ?
De ne pas arriver en janvier ou en septembre comme la plupart le font, mais plutôt en juin/juillet ou en novembre/décembre, pour avoir plus de chance de trouver un poste.
Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle sur l'île ?
En travaillant 3,5 jours par semaine, c’est un très bon équilibre entre le perso et le pro je trouve. Le seul problème à surmonter a été de devoir attendre 6 mois avant de recevoir ma CPS et pouvoir être payée.
Peux-tu nous partager une expérience personnelle ou une anecdote significative qui a influencé ton approche en tant que kinésithérapeute ou qui a renforcé ta passion pour ton travail sur l'île ?
Ce que j’adore ici, c’est les domiciles : entrer dans le quotidien des gens et apprendre pleins de choses sur la vie réunionnaise. J’ai rencontré des patients qui m’ont beaucoup touchés, avec parfois des histoires de vie très compliquées. Ce sont des histoires que je n’oublierai pas et qui nous ramènent aux choses simples de la vie.
Comment ton expérience en tant que kinésithérapeute à La Réunion a-t-elle façonné ta vision de l'avenir, à la fois sur le plan professionnel et personnel ?
Je sais comment je n’aurais pas envie de gérer mon propre cabinet plus tard. Je ne travaille qu’avec des rétrocessions plafonnées par exemple, dans un cabinet avec assez d’espace et pas trop de kinés en même temps pour ne pas se marcher dessus.
Et le plus important : je ne travaillerai plus jamais sur des semaines de 5 jours, c’est beaucoup trop.
Interview 2
Qu'est-ce qui t’a initialement inspiré à devenir kinésithérapeute ?
Ce qui m'a initialement inspiré à devenir kiné, c'est la relation privilégiée que l'on peut établir avec les patients et le travail collaboratif que cela implique sur plusieurs séances. J'apprécie particulièrement la dimension humaine, où l'on a l'opportunité de suivre l'évolution d'un patient et de contribuer activement à son mieux-être. Le fait de pouvoir voir les progrès concrets et les bénéfices que nos interventions apportent est extrêmement gratifiant.
As-tu travaillé / remplacé dans d’autres régions avant de venir à La Réunion ?
Oui, j'ai eu l'occasion de travailler et de remplacer dans d'autres régions avant de venir à La Réunion. Ces expériences m'ont permis de développer une certaine adaptabilité et de découvrir différentes approches de la kiné selon les contextes régionaux.
Qu’est-ce qui t’a attiré / motivé à travailler sur l’île de La Réunion ?
Ce qui m'a attiré à La Réunion, c'est avant tout le cadre de vie exceptionnel et le côté multiculturel de l'île. La diversité culturelle et les paysages magnifiques offrent un cadre de travail et de vie très agréable. De plus, le défi professionnel d'exercer dans un environnement différent de la métropole était très stimulant.
Quelles sont les particularités de la pratique de la kinésithérapie ici ?
La pratique de la kiné à La Réunion présente plusieurs particularités. Il y a un nombre important d'interventions à domicile, ce qui est financièrement intéressant mais aussi exigeant. La densité de cabinets de kinésithérapie est élevée, avec de nombreuses zones sur-dotées. De plus, il y a moins d'hôpitaux et de centres de rééducation par rapport à la population générale, ce qui influence le mode d'exercice et le type de cabinets (grands, petits, gymnases) et le rapport domicile/cabinet.
Trouves-tu que la patientèle est spécifique, différente de ce que tu as déjà rencontré ?
Oui, je trouve la patientèle de La Réunion assez spécifique. Il y a des non-dits autour de la consanguinité et de l'influence que cela pourrait avoir sur certaines pathologies neurologiques, comme les myopathies et les infirmités motrices cérébrales (IMC). De plus, il y a des problèmes de santé liés à des facteurs culturels, comme l'alcoolisme, l'obésité due à la malbouffe et aux produits trop sucrés, ainsi qu'un taux élevé de cancers jeunes.
Y a-t-il des pratiques ou des approches uniques que tu as développées en tant que kiné à La Réunion pour répondre aux besoins spécifiques de la population locale ?
Je n'ai pas développé de pratiques ou d'approches spécifiquement uniques ici, mais j'ai adopté une approche plus éducative en matière de santé. J'accorde une importance particulière à la promotion de la santé et aux conseils hygiéno-diététiques pour mieux répondre aux besoins de la population locale.
Comment collabores-tu avec d'autres professionnels de la santé sur l'île pour assurer un parcours de soins de qualité à tes patients ?
Je commence à peine à améliorer la transmission d'informations avec les médecins généralistes grâce à des bilans détaillés. Cette collaboration est essentielle pour assurer un parcours de soins cohérent et de qualité pour les patients.
Quels sont les principaux défis auxquels tu es confronté en tant que kiné ici ?
L'un des principaux défis est l'accès aux formations continues, qui n'est pas aussi facile qu'en métropole. De plus, les déplacements chez les patients sont plus difficiles en raison du relief, ce qui entraîne une usure plus rapide des véhicules. Enfin, le turn-over des kinés est élevé, ce qui peut nuire à la qualité et la continuité des soins pour les patients.
Et les avantages ?
Les avantages incluent la forte concentration de kinés, offrant un large choix pour les patients et facilitant les réorientations. De plus, l'ouverture d'esprit de la population réunionnaise est un atout précieux.
Quels conseils donnerais-tu à un kiné qui débarque à la Réunion pour travailler ?
Je conseillerais à un kiné qui arrive à La Réunion de se préparer à faire un travail social plus important qu'en métropole. Il est crucial d'être prêt à s'investir dans la communauté et à comprendre les spécificités culturelles locales.
Comment gères-tu l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle sur l'île ?
Les premiers défis sont d'ordre matériel, comme trouver un logement, une voiture et s'adapter au coût de la vie. Ensuite, l'euphorie et la sur-stimulation sociale peuvent devenir des enjeux. Pour surmonter ces défis, il est important d'avoir toujours des projets en tête et en cours pour maintenir un bon équilibre.
Peux-tu nous partager une expérience personnelle ou une anecdote significative qui a influencé ton approche en tant que kiné ?
Mon travail de huit mois dans un cirque, où j'ai effectué de nombreux domiciles, a renforcé ma vision de la profession et de son utilité. Malgré le rythme intense, j'ai compris à quel point le kinésithérapeute est essentiel pour encourager l'activité et combattre la sédentarité. Leur rôle est aussi vital que celui des infirmiers, qui veillent avec dévouement à la santé et au bien-être des personnes à domicile.
Quels conseils donnerais-tu pour adapter sa vie personnelle sur l'île à son travail de kiné ou inversement ?
Je n'ai pas de conseils spécifiques à donner sur ce point. Cependant, il est important de gérer l'empathie, car elle peut être cruciale pour maintenir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Comment ton expérience en tant que kinésithérapeute à La Réunion a-t-elle façonné ta vision de l'avenir, à la fois sur le plan professionnel et personnel ?
Cette expérience m'a permis de me déculpabiliser par rapport à mon approche professionnelle et à la manière dont je réalise mes actes. Sur le plan personnel, elle m'a appris que la vie est courte et que l'on manquera toujours de temps pour accomplir tous nos projets, mais que cela fait partie du processus de la vie.